La protection des secrets d'affaires et du savoir-faire : quelles avancées ? (1/6)
Il y a dix ans, jour pour jour, je franchissais la porte d’une salle de soutenance de thèse, le cœur battant et la certitude que ce moment allait compter.
Derrière moi : des années de recherche, de doutes, de relectures nocturnes et d'une conviction qui ne m'a jamais quittée : le Droit est vivant, il évolue et il mérite qu'on lui consacre toute son intelligence.
Ce 10 mars 2016, j'ai soutenu ma thèse de doctorat à l'Université de Poitiers :
« La protection contractuelle du savoir-faire ».
Un sujet qui, à l'époque, pouvait sembler technique, presque confidentiel.
Un sujet qui, dix ans plus tard, est au cœur de toutes les batailles économiques et juridiques : la protection des actifs immatériels, la maîtrise de l'information stratégique, la gouvernance du savoir dans un monde hyperconnecté
Ma thèse défendait une idée forte : face aux limites de la propriété intellectuelle et du droit des biens, c'est le contrat - bien construit, bien pensé, bien négocié - qui constitue le plus efficace des remparts pour protéger le savoir-faire d'une entreprise.
⚖️ Dix ans plus tard, cette conviction est devenue une réalité normative.
La Directive UE 2016/943 sur la protection des secrets d'affaires, transposée en droit français en 2018, a consacré ce que mes travaux anticipaient : le secret, la substantialité, la communicabilité du savoir-faire comme critères juridiques fondamentaux. Le contrat en est le vecteur naturel de protection.
⌛Ce qui a changé en dix ans ? Tout et rien.
Les enjeux ont explosé avec l'économie de la donnée, l'intelligence artificielle, la montée des plateformes numériques. Mais le droit des contrats - renforcé par la réforme de 2016 - reste l'outil le plus souple, le plus adaptatif, le plus redoutable pour qui sait s'en saisir.
️ Ce chemin n'aurait pas été le même sans mes directeurs de thèse — Madame le Pr. Claude OPHELE et Monsieur le Pr. Eddy Lamazerolles — dont les exigences ont fait de ce travail ce qu'il est, et qui m'ont appris qu'une thèse ne se résume pas à un diplôme : c'est une façon d'habiter le droit.
✨ C'est précisément ce que je fais aujourd'hui. Avocate depuis 2019, après dix années comme enseignant-chercheur à l'Université, je mets cette expertise au service de mes clients : entreprises, partenaires économiques qui ont besoin de défendre ce qu'ils ont construit, ce qu'ils ont inventé, ce qu'ils savent faire.
➡️ Dans les semaines à venir, je publierai une série de posts pour explorer les grandes thématiques de mes recherches à l'aune de la décennie écoulée :
La définition juridique du savoir-faire : une notion enfin stabilisée ?
La réservation contractuelle : l'arme secrète des entreprises innovantes
Partager son savoir-faire sans le perdre
Le contrat de coopération : une anticipation visionnaire de la réforme de 2016
Une thèse. Une trajectoire. Un engagement indéfectible pour le Droit ✨
La passion est intacte.


